Chaque vieille ville a une rivière qu'elle appelle mère. Celle de Chengdu est le Jinjiang (锦江, « Rivière de la Brocade »), en fait deux ruisseaux de montagne clairs, la rivière Fu et la rivière Nan, qui se rencontrent dans la ville et arrosent la plaine. Elle n'est pas imposante, mais son nom est tissé dans la littérature chinoise : c'est ici que des ouvriers Han lavaient la brocade fraîchement teinte pour fixer ses couleurs, et que le poète Tang Du Fu, la courtisane-poétesse Xue Tao, et d'innombrables lettrés écrivirent leurs vers.
Pourquoi on l'appelle la Rivière de la Brocade
Sous la dynastie Han, les tisserands officiels de Chengdu faisaient la brocade Shu. Pour fixer les teintures et faire briller la soie, ils lavaient la toile fraîchement tissée dans l'eau courante claire de la rivière. Ce labeur donna à la rivière son nom — la Rivière de la Brocade — et à Chengdu son ancien titre, la « Ville de l'Officier de la Brocade ». Chaque fois que vous traversez le Jinjiang aujourd'hui, vous traversez l'eau qui rendit jadis Chengdu riche.
Les monuments rivérains
- Le pont couvert Anshun (安顺廊桥), une arche couverte éclairée en rouge qui est la carte postale nocturne de Chengdu.
- Le pavillon Hejiang (合江亭), l'endroit historique où les rivières Fu et Nan se rejoignent.
- Le parc Wangjianglou (望江楼公园), une futaie de bambous plantée pour honorer Xue Tao, la poétesse Tang qui vivait au bord de la rivière et faisait son propre papier teinté de fleurs.
Que faire
Marchez la berge tôt le soir. Les habitants dansent, font voler des cerfs-volants, pêchent et jouent au mahjong sous les saules. Faites une courte croisière nocturne depuis le pont Anshun si vous aimez les vues illuminées. Le meilleur tronçon est entre le pavillon Hejiang et la tour Wangjiang, avec maisons de thé et vieux ponts le long du chemin.
Pourquoi la rivière a donné son nom à la ville
Chengdu ne serait pas lui-même sans le Jinjiang. Il y a deux mille ans, les artisans y lavaient la brocade Shu, et la ville reçut le surnom de Ville de la Brocade d'après l'étoffe qui y flottait. Poèmes, adieux, rendez-vous d'amants et régates se sont tous déroulés le long de ces rives, si bien que longer la rivière aujourd'hui, c'est marcher dans la mémoire collective de la civilisation qui a grandi sur ses eaux.
La meilleure façon de la vivre est à pied au crépuscule, en traversant le pont d'Anshun et en dérivant lentement devant les maisons de thé illuminées. Louer une petite barque en été permet de voir la rive opposée comme le firent les poètes. Choisissez une visite de week-end à la lumière du soir plutôt qu'à midi, et arrêtez-vous pour un bol de thé où l'eau est calme. La rivière est la seule attraction gratuite qui ne déçoit jamais.
Informations pratiques
- Où commencer : secteur du pavillon Hejiang / pont Anshun, district de Jinjiang, centre de Chengdu
- Transport : métro ligne 2 à Chunxi Lu ou Dongmen Daqiao, puis marcher jusqu'à la rivière ; le parc Wangjianglou est près de la ligne 6
- Horaires : la berge est gratuite et ouvre 24 h/24 ; le parc Wangjianglou de 6 h à 21 h
- Coût : marcher la berge est gratuit ; une courte croisière nocturne d'environ 80-120 yuans ; le parc est gratuit ou une petite redevance de jardin
- Conseils : allez au crépuscule, quand les lanternes s'allument. Emportez une veste au bord de l'eau. Combinez la promenade avec un dîner dans le quartier Jiuliti ou au pont Anshun.
La brocade, la poésie et les femmes célèbres de Chengdu passent toutes par le Jinjiang. Marchez-le au coucher du soleil, et la ville commence à avoir du sens.